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Délestages à Libreville : Tonangoye tape du poing, la SEEG promet… encore

2026-02-18 - 11:25

Convoqués en urgence par le ministre Philippe Tonangoye, les dirigeants de la SEEG ont dû justifier les coupures répétées dans le Grand Libreville. Entre vétusté avouée, demande galopante et promesses de modernisation, le secteur énergétique gabonais oscille entre dynamisme affiché et réalité défaillante. Mais les usagers, eux, restent dans le noir. Convoqués en urgence par le ministre Philippe Tonangoye, les dirigeants de la SEEG ont dû justifier les coupures répétées dans le Grand Libreville. © D.R. Les responsables de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) ont défilé, lundi, devant le ministre de l’Accès Universel à l’Eau et à l’Énergie. Motif ? Expliquer pourquoi certains quartiers du Grand Libreville subissent des délestages à répétition. Conduite par Léon Meviane, président du Conseil d’Administration, la délégation technique a livré un diagnostic aussi classique qu’embarrassant : la demande explose, les installations vieillissent, et le réseau souffre de «contraintes techniques ponctuelles». Une formule pudique pour dire que l’infrastructure craque de partout. Philippe Tonangoye, manifestement peu convaincu par cette litanie, a rappelé une évidence : le dynamisme économique ne doit pas rimer avec désagréments chroniques. Si la croissance urbaine justifie l’augmentation de la consommation, elle ne peut servir d’alibi à des pannes récurrentes. Le ministre a donc exigé l’accélération des travaux de modernisation et la mise en œuvre «immédiate» de solutions correctives. Reste à savoir ce que signifie «immédiat» dans le calendrier énergétique gabonais. Pour rassurer, la SEEG a sorti de son chapeau un projet déjà en cours : la construction d’une seconde ligne de transport destinée à autonomiser Akanda et stabiliser l’ensemble du réseau. Une annonce qui sonne comme une reconnaissance : le système actuel ne tient plus la charge. Mais combien de temps avant que cette ligne soit opérationnelle ? Aucun délai n’a été précisé. Et en attendant, les populations continuent de composer avec l’obscurité intermittente. Le gouvernement, par la voix du ministre, réaffirme sa «détermination à moderniser durablement le secteur énergétique». Un engagement louable, maintes fois entendu. Sauf que les usagers, eux, attendent des faits. Car entre les rapports techniques, les convocations ministérielles et les promesses d’infrastructures futures, une question demeure : quand cessera-t-on de gérer l’urgence pour enfin anticiper ? Le Ministère assure qu’il assurera «un suivi rigoureux» des engagements pris. Ce qui suppose, implicitement, qu’il y en a déjà eu d’autres. La SEEG, de son côté, jongle entre une demande qu’elle peine à satisfaire et des équipements qu’elle reconnaît vétustes. Dans cette équation énergétique, une seule certitude : les délestages ne disparaîtront pas à coups de communiqués. Ils nécessitent des investissements massifs, un calendrier clair et, surtout, une exécution sans faille. Le Grand Libreville attend. Dans le noir, mais attentif.

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