Délestages à Libreville : Oligui Nguema recadre la SEEG et exige un redressement immédiat
2026-03-04 - 10:06
Face à la recrudescence des coupures d’électricité et d’eau dans le Grand Libreville, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a convoqué le 3 mars 2026 une séance de travail avec les responsables de la SEEG, le groupe SUEZ et le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’électricité. Au cours de cette réunion, le chef de l’État a exprimé son mécontentement face aux dysfonctionnements persistants et a appelé à une réforme profonde de la gouvernance de la société. Un moment de la rencontre. © Com. présidentielle Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a exprimé son mécontentement face à la recrudescence des délestages observés ces dernières semaines dans la capitale. Lors d’une séance de travail tenue le 3 mars 2026 avec les responsables de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), les représentants du groupe SUEZ et le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’électricité, Philippe Tonangoye, le chef de l’État a rappelé l’urgence d’un redressement du service public de l’eau et de l’électricité. Cette réunion s’inscrit, selon la communication présidentielle, dans la volonté des plus hautes autorités «d’améliorer l’accès des populations à l’eau et à l’électricité» et de «mettre un terme aux délestages abusifs et aux coupures d’eau observés dans le Grand Libreville depuis plusieurs décennies». Le chef de l’État a notamment dénoncé les difficultés persistantes rencontrées par la SEEG à assurer une distribution régulière de ces services essentiels, malgré les mesures d’accompagnement mises en place par l’État. Il a ainsi exprimé son insatisfaction face à une entreprise publique qui demeure, selon lui, «dans l’incapacité d’alimenter correctement les ménages en eau et en électricité». Des défaillances dans la gestion interne de la SEEG Au cours de la rencontre, Brice Clotaire Oligui Nguema a également pointé plusieurs défaillances dans la gestion interne de la société. Il a évoqué «des mécanismes opaques, un manque de rigueur et de transparence vis-à-vis de l’État et des entreprises sous-traitantes», ainsi qu’«une absence de cohérence dans la gestion interne et un manque de communication claire vis-à-vis des populations». Le président de la République est par ailleurs revenu sur le partenariat stratégique conclu récemment entre l’État gabonais et le groupe SUEZ, destiné à renforcer les capacités techniques des infrastructures et à améliorer durablement la production et la distribution d’eau potable. Selon la présidence, ce partenariat doit permettre «une optimisation technique des infrastructures et une amélioration durable de la production et de la distribution d’eau potable», notamment grâce à l’apport de nouvelles technologies. Dans le même temps, le chef de l’État a dénoncé certains comportements jugés préjudiciables à la bonne gestion des ressources. Il a «fustigé avec fermeté les comportements déviants de certains compatriotes dans l’utilisation de ces biens essentiels» et appelé à une mobilisation collective pour garantir la réussite des réformes engagées. À l’endroit des dirigeants et des techniciens de la SEEG, le président a exhorté à une implication accrue et à davantage de transparence dans la collaboration avec le partenaire technique. Il les a notamment appelés à «s’impliquer pleinement, collaborer de manière transparente et éviter tout blocage afin de tirer profit des nouvelles technologies apportées par le groupe SUEZ». Brice Clotaire Oligui Nguema a enfin insisté sur la nécessité d’un assainissement de la gouvernance et des finances de l’entreprise. Parmi les mesures évoquées figure notamment la publication des listes des personnes impliquées dans des pratiques frauduleuses dans certaines localités. Pour le chef de l’État, le contrat conclu avec SUEZ doit désormais «incarner une volonté politique forte de restaurer la confiance, d’assainir la gestion et de garantir un service public digne des attentes des Gabonaises et des Gabonais».