Déguerpissement aux Trois-Quartiers : les pelleteuses entrent en scène ce lundi
2026-03-16 - 12:56
Ce lundi 16 mars 2026, les engins de démolition sont entrés en scène dans la zone dite des «Trois-Quartiers», précisément en face de l’église Saint-André à Libreville. L’opération, qui vise les «90 logements», les bâtiments dits «Détroits» et le camp de gendarmerie, marque le point de départ d’un vaste projet de reconstruction du patrimoine immobilier public. Une pelleteuse en sur le chantier des démolitions ce lundi 16 mars 2026. © GabonReview Les forces de l’ordre déployées sur le terrain pour veiller à l’exécution des démolitions. © GabonReview Annoncée depuis plusieurs mois, la phase de démolition des bâtiments de l’État en état de décrépitude avancée débute ce lundi matin à Libreville. Cette opération d’envergure concerne non seulement la zone des Trois-Quartiers, mais aussi le site du Consortium des entreprises italiennes (CEI), situé face à la bibliothèque de l’Université Omar Bongo. Entre volonté de modernisation et impératifs de sécurité, le directeur général du patrimoine de l’État, Tita Michel Edou Ngomo, a scellé ainsi le sort de ces sites historiques, jadis fleurons de l’aménagement urbain de 1970. Si l’image des pelleteuses en action peut paraître brutale, les autorités rappellent que le processus ne date pas d’hier. L’information avait été officiellement communiquée il y a trois mois, laissant aux occupants le temps nécessaire pour s’organiser. Pour parer à toute éventualité, une ultime campagne de sensibilisation a été menée durant toute la semaine dernière par les équipes de la Direction générale du patrimoine de l’État (DGPE), accompagnées de la gendarmerie. «Le délai de trois mois est dépassé. Nous avons sensibilisé tous les habitants, ils sont au courant», a déclaré Tita Michel Edou Ngomo lors de son passage ce week-end sur le plateau de l’émission Matin Week-end de Gabon Première. Standards internationaux et mixité sociale © GabonReview C’est donc une action qui vise à effacer les stigmates de la vétusté et à offrir un nouveau visage à ce quartier chargé d’histoire. D’après M. Ngomo, ces bâtiments ont été construits initialement pour le sommet de l’Organisation commune africaine et malgache en 1970. De ce fait, le projet de reconstruction prévoit des logements modernes répondant aux standards internationaux, destinés aux agents de l’État. Mais au-delà du simple bâti résidentiel, le futur complexe se veut intégré. La nouvelle cité devrait abriter des infrastructures de proximité : écoles, dispensaires, aires de jeux, gymnase et pharmacie. Une manière de transformer ces espaces de « décrépitude » en véritables pôles de vie modernisés. Pour les derniers retardataires encore présents sur les lieux ce lundi matin, le risque est désormais de devoir évacuer leurs effets personnels dans l’urgence, sous l’œil des engins de chantier. L’heure de la fermeté a sonné pour le patrimoine public. Thécia Nyomba