Crise financière à la CEMAC : le Parlement exige l’activation du prélèvement automatique par la BEAC
2026-03-03 - 09:45
Réuni lundi en séance plénière à Malabo, le Parlement de la CEMAC a adopté à l’unanimité une résolution exigeant l’application stricte des articles 51 et 52 du Traité révisé, préconisant notamment des sanctions et un prélèvement automatique par la BEAC pour les États mauvais payeurs. En toile de fond, une crise financière aiguë liée à plus de 263 milliards de FCFA d’arriérés de Taxe communautaire d’intégration (TIC), qui fragilise le fonctionnement de la Commission et les projets régionaux. Le président de la plénière Alexandre Awassi lisant la Résolution. © D.R. Réuni le lundi 2 mars 2026 à Malabo, en Guinée équatoriale, le Parlement de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) a adopté, à l’unanimité et sans amendement, le Rapport de la Commission des affaires institutionnelles ainsi qu’une résolution enjoignant la Commission de l’organisation au respect des articles 51 et 52 du Traité révisé. La séance plénière, présidée par le député gabonais Alexandre Awassi, portait sur un point unique à l’ordre du jour : la présentation du Rapport de la Commission n°1 sur le Rapport général annuel relatif au fonctionnement et à l’évolution de la Communauté pour l’exercice 2025. La Commission des affaires institutionnelles était conduite par le député Jean Gaspard Ntoutoume Ayi. «À l’issue des exposés des rapporteurs, le Parlement a adopté, à l’unanimité et sans amendement, le Rapport de la Commission n°1 sur le Rapport général annuel sur le fonctionnement et l’évolution de la Communauté pour l’exercice 2025. L’on retiendra, outre les fortes recommandations faites, l’adoption d’une résolution qui enjoint la Commission de la CEMAC au respect des articles 51 et 52 du Traité révisé de notre communauté», a indiqué Alexandre Awassi sur sa page Facebook. Une tension de trésorerie majeure Cette décision intervient dans un contexte de crise financière sévère que traverse la CEMAC depuis le début de l’année. La Commission de l’organisation a suspendu ses activités en raison d’arriérés estimés à 263,5 milliards de FCFA au titre de la Taxe communautaire d’intégration (TCI), non reversés par les États membres. Le taux de recouvrement serait inférieur à 60 %, compromettant le financement des projets communautaires. La République centrafricaine, le Cameroun et le Congo figurent parmi les principaux débiteurs, accentuant les tensions budgétaires au sein de l’institution. Face à cette situation, l’application des dispositions contraignantes du Traité révisé apparaît comme un levier juridique susceptible de rétablir la discipline financière. Le mécanisme de prélèvement automatique Le président de la Commission n°1, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, pendant son exposé. © D.R.