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Criminalité organisée en Afrique : Libreville au cœur d’un colloque international

2026-03-26 - 15:12

L’Université Omar Bongo (UOB) accueille, les 26 et 27 mars 2026, un colloque international réunissant experts et praticiens autour des mutations de la criminalité organisée en Afrique, avec l’ambition de proposer des réponses concrètes à ce phénomène en pleine expansion. Libreville accueille un colloque international sur la criminalité organisée en Afrique. © D.R. La capitale gabonaise, Libreville, se positionne, les 26 et 27 mars 2026, comme un carrefour majeur de réflexion sur les enjeux sécuritaires contemporains liés à la criminalité organisée. À l’initiative du Centre d’études et de recherches en droit et institutions politiques (CERDIP) et du Centre d’études et de recherches en géosciences politiques et prospective (CERGEP), en partenariat avec l’ambassade de France au Gabon, ce colloque international se tient autour du thème : «La criminalité organisée en Afrique : acteurs, dynamiques et enjeux». Dans un contexte marqué par la montée en puissance de réseaux criminels de plus en plus sophistiqués, la porosité des frontières et la diversification des trafics, cette rencontre vise à analyser en profondeur les mécanismes d’implantation et d’expansion de la criminalité organisée sur le continent. Universitaires, magistrats, experts en sécurité et praticiens du droit sont ainsi appelés à croiser leurs analyses afin d’évaluer l’efficacité des réponses institutionnelles et judiciaires. Le programme, structuré en plusieurs sessions thématiques, reflète la complexité du phénomène. La première journée s’intéresse notamment aux liens entre criminalité organisée et menaces étatiques, avec un accent particulier sur les risques terroristes et les effets de la mondialisation criminelle. Les discussions abordent également la criminalité économique, incluant la fraude fiscale, l’enrichissement illicite et les mécanismes de captation de l’État. Les travaux explorent en outre les dynamiques des réseaux transnationaux, à travers des problématiques telles que la traite des êtres humains, les migrations irrégulières et les trafics transfrontaliers. La cybercriminalité, devenue un défi majeur pour les systèmes judiciaires africains, figure également parmi les axes prioritaires des échanges. Interactions entre criminalité organisée et conflits armés La seconde journée approfondit les interactions entre criminalité organisée et conflits armés, en mettant en évidence le rôle des groupes armés et des économies illicites dans certaines zones du continent. Les débats s’élargissent aux réalités carcérales, souvent considérées comme des espaces de structuration des réseaux criminels, soulevant ainsi la question du traitement pénitentiaire et du respect des droits fondamentaux. Un autre temps fort porte sur les relations entre police, justice et crime organisé, interrogeant à la fois les mécanismes de coopération, notamment transfrontalière, et les risques de défaillance institutionnelle. Enfin, les échanges se penchent sur des problématiques spécifiques, telles que le trafic de drogues, la circulation de faux médicaments et la criminalité environnementale, notamment le braconnage et l’exploitation illégale des ressources naturelles. Réunissant un panel d’intervenants de haut niveau issus d’Afrique et d’Europe, ce colloque se distingue par la diversité des profils mobilisés, allant des enseignants-chercheurs aux magistrats et avocats. La participation du procureur général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville, qui interviendra sur les procédures dérogatoires en matière de criminalité organisée, illustre la volonté de lier réflexion académique et pratique judiciaire. Formuler des recommandations opérationnelles Au-delà des communications scientifiques, les organisateurs entendent formuler des recommandations opérationnelles à l’attention des décideurs publics et des acteurs de la sécurité. La rencontre s’achèvera par la présentation d’un rapport de synthèse reprenant les principales conclusions des travaux. Par cette initiative, Université Omar Bongo confirme son rôle de pôle de réflexion stratégique sur les enjeux contemporains, tout en contribuant activement à la lutte contre un phénomène qui met à l’épreuve les fondements de l’État de droit en Afrique.

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