Cour des comptes : vibrant hommage à Anthony Adiwa «veilleur constitutionnel», mentor des générations
2026-03-13 - 15:55
La Cour des comptes a rendu, ce vendredi 13 mars, un hommage solennel à François de Paule Anthony Adiwa, ancien président de cette institution et figure emblématique de la justice financière, décédé le 28 janvier à Paris. La cérémonie, tenue au siège de l’institution, a réuni de hautes personnalités, dont Marie-Madeleine Mborantsuo, ancienne présidente de la Cour constitutionnelle, Gilbert Ngoulakia, ex-président de la Cour des comptes, et Murielle Minkoue Mezui-Mintsa Mi-Owono, Secrétaire générale de la présidence de la République. Cette cérémonie a dévoilé l’immense contribution d’Anthony Adiwa au rayonnement de la Cour des Comptes. © GabonReview Né le 26 octobre 1958, décédé le 28 janvier à Paris, François de Paule Anthony Adiwa, l’ancien président de la Cour des comptes, a reçu, le 13 mars, à Libreville, au siège de cette institution, un hommage digne de ce nom de ses anciens collègues, camarades et pairs. Cet événement a permis de célébrer un homme fortifié par l’âge et le souvenir, grand défenseur du droit et de la démocratie, fermement attaché à ses convictions, valeurs et principes de justice, comme l’a souligné le représentant de sa famille. Il a dirigé la Cour des comptes entre 1986 et 1992. Un juge financier de très haut vol En hommage, l’actuel Premier président de la Cour des comptes, Alex Euv Moutsiangou, a dépeint Anthony Adiwa comme «un auditeur hors norme, un magistrat hors pair, un gardien des comptes, une sentinelle des finances, un veilleur constitutionnel». Il a rappelé leur dernier échange au Conseil national de la comptabilité, où A. Adiwa se montrait «très préoccupé par la mission de la Cour des comptes ; mission nouvelle liée à la certification des comptes d’État». Et Euv Moutsiangou a insisté sur son rôle de «passeur». «La justice, c’est une maison de tradition. La tradition consiste à transmettre, et c’est véritablement un passeur. Adiwa, c’était un passeur. Son héritage est immense», a-t-il déclaré, tandis que Marie-Madeleine Mborantsuo a évoqué ses origines communes avec le défunt. Instantanés de la cérémonie d’hommage à Anthony Adiwa © GabonReview Pour elle, «François de Paule Anthony Adiwa était un juge financier de très haut vol». «Je l’avais recruté à l’Institut de l’économie et des finances pour faire partie des tout premiers juges spécialisés dans le comptoir des finances publiques», s’est-elle souvenue, en louant sa carrière. «Il s’est révélé tout au long de sa belle carrière être un juge compétent, efficace, perspicace et qui a également servi de mentor aux centaines de juges financiers qui font aujourd’hui la fierté de la Cour des comptes», a-t-elle reconnu. Un héritage professionnel immense Quant à René Aboghe Ella, ancien président de la Cour des comptes et ex-patron de la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cénap), il a partagé des souvenirs personnels. «Nous sommes pratiquement arrivés ensemble à la Cour des comptes après avoir été collègues à l’université. Ses qualités de rigueur, ses grandes qualités sur l’éthique sont à retenir», a-t-il fait savoir, en saluant son legs. Pour lui, «son héritage professionnel est immense». Il estime en outre que «si la Cour aujourd’hui est une institution qui est reconnue et respectée, notamment par ceux qui sont dans l’affaire de la gestion des finances publiques, c’est en grande partie grâce au travail qui a été fait par la Cour des comptes sous l’impulsion, ou en tout cas, avec le président Adiwa». M. Aboghe Ella a conclu avec émotion en indiquant qu’«on ne l’imaginait pas partir maintenant». «On espérait qu’on allait vieillir ensemble», a-t-il confié. Cette cérémonie a dévoilé l’immense contribution d’Anthony Adiwa au rayonnement de la Cour des comptes, depuis les promotions de 1998 jusqu’en 2012-2013, où il a formé des générations de magistrats. Les intervenants ont unanimement salué un homme de tradition, exigeant la qualité et les standards les plus élevés dans la gestion des finances publiques. Son départ laisse un vide, mais son héritage perdure dans l’institution qu’il a aidé à crédibiliser.