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Conversation à Loango avec Ruth Davis : au cœur de la forêt gabonaise, là où le monde nous regarde

2026-02-25 - 20:05

Au cœur du parc national de Loango, là où les éléphants foulent le sable océanique et où la forêt du Bassin du Congo tient le monde en équilibre, une conversation s’est tenue. Un échange rare, façonné par la beauté souveraine du lieu et par l’urgence silencieuse de notre époque. C’est dans ce décor que Adrien NKoghe-Mba* a rencontré Ruth Davis, Représentante spéciale du Royaume-Uni pour la Nature, et en est revenu avec bien plus qu’un compte rendu diplomatique : la conviction que le Gabon n’est pas seulement un sanctuaire naturel, mais peut-être l’un des modèles de développement durable les plus prometteurs de la planète. C’est dans ce genre décor, au camp de Ndola, suspendu au-dessus de l’embouchure de la lagune d’Iguela, que Adrien NKoghe-Mba a eu une conversation rare avec Ruth Davis, Représentante spéciale du Royaume-Uni pour la Nature. © GabonReview Lorsque Barack Obama a choisi d’ouvrir la série documentaire (Netflix) Our Great National Parks par Loango, il n’a pas simplement mis en lumière un parc national africain. Il a déplacé le regard du monde. Il a rappelé, d’une voix calme et présidentielle, que l’avenir climatique de la planète ne se joue pas uniquement en Amazonie ou dans les grandes capitales, mais aussi ici, dans le Bassin du Congo. À Loango, les éléphants marchent sur la plage comme s’ils avaient toujours appartenu à l’océan. Les hippopotames affrontent les vagues de l’Atlantique avec une audace presque irréelle. Les gorilles surgissent de la forêt dense, silencieuse, souveraine. Ce n’est pas un spectacle. C’est un message. C’est dans ce décor – au camp de Ndola, suspendu au-dessus de l’embouchure de la lagune d’Iguela – que j’ai eu une conversation rare avec Ruth Davis, Représentante spéciale du Royaume-Uni pour la Nature. Une conversation façonnée par le lieu, par le moment, par la force tranquille d’un territoire qui impose l’humilité. Une forêt qui n’imite personne Ce qui l’a frappée, d’emblée, c’est la singularité. La beauté, bien sûr. Mais surtout la différence. « Les forêts du Gabon ne sont pas l’Amazonie », m’a-t-elle confié. Elles ne cherchent pas à lui ressembler. Elles racontent une autre histoire. Une architecture écologique différente. Une densité plus feutrée. Une ancienneté presque palpable. Le bassin du Congo n’est pas une alternative. Il est un pilier du système climatique mondial, encore trop souvent relégué à l’arrière-plan du récit international. Cette découverte n’a pas été pour elle une simple émotion de voyage. Elle a renforcé son engagement : faire en sorte que le bassin du Congo obtienne enfin la reconnaissance qu’il mérite, à la hauteur de son rôle pour l’équilibre de la planète. Préserver pour le monde, bénéficier pour soi Entre une observation de gorilles et le passage majestueux d’éléphants longeant l’océan, notre échange a pris une tonalité plus politique, plus stratégique. Le Gabon protège son patrimoine naturel avec constance. Il maintient l’une des couvertures forestières les mieux préservées au monde. Il rend un service environnemental global. Pour Ruth Davis, une évidence s’impose : cet effort doit produire des retombées concrètes pour le peuple gabonais. Crédits carbone, Écotourisme. L’objectif de 10 000 visiteurs à l’horizon 2030. Elle voit dans cette trajectoire une opportunité majeure : créer de la richesse sans détruire le capital naturel, offrir des emplois à une jeunesse nombreuse et ambitieuse, et faire de la conservation un moteur de développement plutôt qu’une contrainte. À Loango, cette équation ne relève pas de la théorie : elle se donne à voir, à ressentir. Le Gabon, un modèle possible – et des partenaires prêts à accompagner Au fil de son séjour, elle a rencontré les autorités gabonaises, le Vice-Président du Gouvernement, le Vice-Président de la République, porteur de la vision du Chef de l’État : une vision qui tente de réconcilier ce que beaucoup opposent encore – croissance économique et préservation de l’environnement. Elle a échangé avec le secteur privé, avec les ONG, attentive à cette convergence rare entre ambition politique, engagement sociétal et opportunités économiques. Ce qui ressort de ses mots, c’est une conviction forte : le Gabon possède tous les atouts pour devenir un modèle mondial de gestion durable de son capital naturel. Et surtout, le Royaume-Uni est disponible pour accompagner ce chemin. Non pas en donneur de leçons, mais en partenaire. Un partenaire conscient que les réponses aux défis climatiques globaux passeront par des pays comme le Gabon – et par leur capacité à transformer la protection de la nature en prospérité partagée. Lorsque le soleil a commencé à décliner sur la lagune d’Iguela, la lumière est devenue dorée, presque irréelle. Je me suis souvenu de la voix d’Obama racontant Loango au monde entier. Et devant moi, l’une des personnalités les plus importantes du Royaume-Uni sur les questions de nature, convaincue que ce pays peut montrer la voie. Cette conversation à Loango n’était pas un moment diplomatique. C’était une rencontre entre un lieu enchanteur et une idée puissante : Le Gabon n’est pas seulement un sanctuaire. Il est peut-être l’un des futurs possibles du monde. *Président de l’association Les Amis de Wawa pour la préservation des forêts du bassin du Congo.

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