Congo-Brazzaville : « J’ai gagné, Sassou Nguesso a triché, le peuple avisera » (Destin Gavet)
2026-03-20 - 15:12
Rejetant en bloc les résultats provisoires annoncés mardi par le ministre congolais de l’Intérieur, Zéphyrin Mboulou, le plaçant en 4ème position, avec 0,87%, loin derrière le vainqueur proclamé, le candidat et président sortant, Denis Sassou Nguesso, 94,82% de suffrages exprimés, Mélaine Destin Gavet Eléngo, candidat de la coalition, formée autour du Mouvement république (MR – Opposition), a crié à la fraude massive, au cours d’une conférence de presse qu’il a accordée au siège de son parti à Brazzaville. Destin Gavet (35 ans), a, sans indiquer le pourcentage de sa »prétendue » victoire, affirmer qu’il est le véritable vainqueur de la présidentielle des 12 et 15 mars 2026. Il a dans la foulée, appelé le peuple congolais au calme, en attendant de prendre ses responsabilités au bout du processus qui s’achèvera avec la proclamation attendue des résultats définitifs par la Cour constitutionnelle. A l’appui de ces affirmations, le candidat du Mouvement républicain, a mentionné des fraudes massives, caractérisées notamment par le bourrage des urnes dans de nombreux bureaux de vote où ses observateurs de son parti ou ceux des autres candidats opposés au candidat et président sortant, auraient été empêchés d’entrer. Melaine Destin Gavet Eléngo a également révélé que bon nombre des représentants des représentants des candidats de l’opposition à cette présidentielle auraient été, soit menacés, soit corrompus pour fermer les yeux sur le bourrage des urnes massif et la falsification des procès-verbaux issus du scrutin. Le jeune candidat affirme également que tordant le coup à la loi, certains élus et directeurs locaux de la campagne du candidat Sassou Nguesso, auraient signé et délivré des milliers de procurations à des électeurs, alors même que cette prérogative est dévolue au seuls Préfets et Maires des communes de plein et moyen exercice. Pour preuves, Destin Gavet a nommément pris le cas de l’arrondissement 1, Makélékélé, au sud de Brazzaville, citant nommément le député de cette circonscription électorale, où l’on aurait vu certains électeurs se présenter avec 30, 40, voire 50 procurations dans les bureaux de vote, a-t-il dénoncé. « Quand on ne veut pas organiser une élection, on ne l’organise pas. Nous avons humilié le Congo, ces élections ont humilié notre peuple. Nous sommes entrain de détruire notre pays. Nous avons tué la démocratie. C’est un recul. Nous sommes devenus la risée du monde. Partout, on parle mal du Congo », s’est-il indigné. La vérité des urnes, version Gavet Eléngo En considération de toutes ses irrégularités, au regard des procès-verbaux et des ‘’vrais résultats’’ sortis des urnes, enfin en sa possession, après le retour de leurs postes d’observation de l’élection de ses représentants et la réouverture des réseaux sociaux sms (suspendus 72 heures durant) ; Destin Gavet a dit être en capacité d’affirmer qu’il a remporté la présidentielle dans son pays. Tout comme, il conteste le taux de participation officiel (84,65%), annoncé par le ministre de l’Intérieur. « Les 30 ou 35% des congolais qui se sont déplacés pour voter, ont choisi de placer leur confiance au candidat Destin Gavet. Ce qui nous a conduit à être en tête, selon les tendances, dans 3 arrondissements de Pointe-Noire : Tchétché, Ngoyo et Lumumba ; 5 arrondissements de Brazzaville : Makélékélé, Bacongo, Moungali, Mfilou et Madibu. Les départements du Pool, le Niari, la Bouenza, la Lékoumou, la Cuvette et Les Plateaux, ont voté pour Destin Gavet, ce qui nous place en première position dans 10 départements sur 13 que compte le pays », a-t-il martelé S’il n’a pas précisé le pourcentage avec lequel il se déclare vainqueur et n’a rien dévoilé sur ses intentions à venir, Destin Gavet a, pour le moins, remercier les électeurs qui auraient majoritairement voté en faveur de sa candidature et adhéré à son offre politique en faveur d’un Congo détribalisé et résolument tourné vers l’unité, la prospérité et la modernité. Il appelle ses électeurs et ses compatriotes à faire, pour l’instant contre mauvaise fortune, bon cœur : Garder le calme, rester sereins, mais à prendre promptement leurs responsabilités au bout du processus électoral, c’est-à-dire à l’heure de la proclamation des résultats définitifs par la Cour constitutionnelle. « Nous appelons donc nos adversaires de la majorité présidentielle à faire preuve de fair-play et à concéder leur défaite dans la paix pour l’intérêt supérieur de notre nation », a-t-il prévenu. Sassou Nguesso et le ‘’fauteuil présidentiel’’ Face à six (06) autres candidats, Denis Sassou Nguesso -82 ans, dont 42 au pouvoir- a été réélu pour un 5ème mandat consécutif, avec 94,82% des voix, à l’issue de la présidentielle du dimanche 15 mars dernier, selon les résultats provisoires annoncés par le ministre de l’Intérieur, Zéphyrin Mboulou. Ces résultats provisoires doivent encore être validés par la Cour constitutionnelle du pays. Pour autant, Denis Sassou Nguesso a déjà été félicité par le président de la République Gabonaise. « Cette réélection traduit la confiance renouvelée placée en sa vision, son expérience et son engagement au service de la stabilité et du développement de ce pays frère », a déclaré Brice Clotaire Oligui Nguéma. 82 ans, Denis Sassou Nguesso, déjà président du Congo de 1979 à 1991, dirige d’une main de fer ce petit pays d’Afrique Centrale, riche en hydrocarbures, environs six (6) millions d’habitants, à la tête duquel il est revenu, en 1997, suite à un coup d’état qui avait coûté la présidence au Professeur Pascal Lissouba, arrivé au pouvoir à la suite d’une élection libre et démocratique en 1992. Sa réélection pour cinq (5) ans -en principe son dernier mandat à la tête du Congo- selon la constitution en vigueur, le maintien au pouvoir jusqu’en 2031, il aura alors 87 ans. Alph ’-Whilem Eslie