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Congé menstruel : l’exemple de Nairobi peut-il inspirer le Gabon ?

2026-03-18 - 09:42

Le comté de Nairobi County a fait un pas important en matière de droits sociaux en accordant désormais à ses employées deux jours de congés menstruels payés chaque mois. Saluée par de nombreuses organisations de défense des droits des femmes, cette mesure suscite déjà des réactions au Gabon, où le sujet commence à alimenter le débat public. Les femmes pourraient-elles avoir des congés menstruels au Gabon ? (Illustration IA). ©GabonReview Dans la capitale gabonaise, plusieurs femmes interrogées par GabonReview estiment que la décision sur les congés menstruels, accordée en décembre 2025, par le comté de Nairobi, constitue une avancée en matière des droits de la femme. «C’est une excellente initiative. Au Gabon, nous pourrions également bénéficier d’une telle mesure», confie l’une d’elles. Mais pour beaucoup, le congé menstruel répond avant tout à un enjeu de santé et de dignité. «En tant que femme, je pense que le congé menstruel est essentiel, notamment pour la santé et le bien-être. Les femmes ont le droit de prendre soin d’elles, surtout pendant cette période», explique une employée du secteur privé, Séverine Eyang. Elle souligne également l’impact direct sur la productivité : «Personnellement, je souffre de fortes douleurs menstruelles. Si j’avais la possibilité de me reposer, cela améliorerait clairement mon rendement au travail». Au-delà de l’aspect sanitaire, certaines y voient une question d’égalité professionnelle. «Les femmes devraient avoir les mêmes droits que les hommes en matière de santé et de bien-être au travail», ajoute-t-elle, appelant les autorités à se pencher sérieusement sur la question. Un débat qui impose des garde-fous La mise en œuvre d’une telle mesure ne fait pas l’unanimité. Une sage-femme, ayant requis l’anonymat, invite à la prudence. Selon elle, une étude approfondie s’impose avant toute décision. «Les femmes ne réagissent pas de la même manière pendant leurs menstruations. Certaines souffrent énormément, avec des douleurs, des vomissements ou une grande faiblesse, tandis que d’autres vivent cette période sans difficulté. Il sera donc difficile d’établir des critères objectifs», souligne-t-elle. Elle estime néanmoins qu’un congé menstruel, bien encadré, avec des garde-fous, constituerait «un véritable accompagnement pour le bien-être de la femme». Même son de cloche chez Marlène Biyoghe, agent comptable dans une banque de la place. Pour elle, une telle réforme serait bénéfique si elle est adaptée au contexte local. «Le Gabon pourrait s’inspirer de Nairobi. Le congé menstruel permet de reconnaître une réalité de santé et d’améliorer les conditions de travail des femmes», affirme-t-elle. Mais des réserves persistent. Certaines mettent en garde contre les effets d’un dispositif mal encadré, qui pourrait favoriser des discriminations à l’embauche ou renforcer certains stéréotypes liés à la fragilité des femmes. Entre avancée sociale et défi d’application, le débat reste ouvert. Si l’initiative de Nairobi apparaît comme un modèle inspirant, son éventuelle transposition au Gabon devra tenir compte des réalités locales. Une chose est sûre : la question du bien-être des femmes au travail s’impose désormais comme un enjeu central des politiques publiques. Thécia Nyomba

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