Conflit États-Unis–Iran : l’Union africaine appelle à une désescalade immédiate
2026-02-28 - 18:55
La Commission de l’Union africaine a exprimé, samedi 28 février 2026, sa vive inquiétude après des frappes militaires américaines menées en coordination avec Israël contre des cibles en Iran. Son président, Mahmoud Ali Youssouf, alerte sur un risque d’embrasement régional et sur des répercussions économiques majeures, notamment pour les pays africains, tout en plaidant pour une solution strictement diplomatique. La présidence de la Commission de l’Union africaine appelle à la retenue, à une désescalade urgente et à un dialogue soutenu. © Reuters La Commission de l’Union africaine (UA) a réagi officiellement à l’escalade militaire au Moyen-Orient, appelant à une cessation rapide des hostilités et au retour au dialogue. Dans une déclaration rendue publique ce samedi, son président, Mahmoud Ali Youssouf, s’est dit «profondément préoccupé» par les frappes militaires menées par les États-Unis en coordination avec les forces israéliennes contre des cibles situées en République islamique d’Iran, qualifiant l’opération de «grave intensification des hostilités». Appel explicite au respect du droit international L’organisation continentale insiste d’abord sur la nécessité d’éviter un engrenage militaire. «La présidence appelle à la retenue, à une désescalade urgente et à un dialogue soutenu», souligne la déclaration, précisant que «toutes les parties doivent agir pleinement dans le respect du droit international et de la Charte des Nations Unies afin de préserver la paix et la sécurité internationales». Pour l’UA, la situation dépasse le seul cadre régional. Elle estime qu’un nouvel affrontement armé pourrait produire des effets systémiques à l’échelle mondiale. Des conséquences économiques redoutées pour l’Afrique La Commission avertit qu’«une nouvelle escalade risque d’aggraver l’instabilité mondiale», évoquant des «graves conséquences pour les marchés de l’énergie, la sécurité alimentaire et la résilience économique». Le texte met particulièrement l’accent sur la vulnérabilité du continent africain, déjà confronté à des tensions sécuritaires et à des fragilités macroéconomiques. Une hausse durable des prix du pétrole et des céréales, liée aux perturbations des routes commerciales ou aux sanctions internationales, pourrait accentuer les pressions inflationnistes et budgétaires dans plusieurs États. Soutien aux médiations diplomatiques L’Union africaine encourage explicitement les initiatives de médiation internationales en cours. Elle appelle «tous les acteurs concernés à privilégier l’engagement diplomatique, notamment les efforts de médiation internationale facilités par le Sultanat d’Oman», afin d’éviter «toute nouvelle détérioration» de la situation. Le président de la Commission réaffirme enfin la position traditionnelle de l’organisation continentale : «la paix durable ne peut être atteinte que par la diplomatie, et non par la force». Par cette prise de position, l’UA cherche à se placer dans le camp des acteurs multilatéraux plaidant pour la stabilisation rapide du Moyen-Orient, tout en alertant sur l’exposition particulière des économies africaines aux chocs géopolitiques internationaux.