Colibri : dix ans de défis, un stade, et une promesse qui ne plie pas
2026-03-15 - 18:56
Née dans une cuisine en 2015, reconnue juridiquement en 2023, l’association Colibri confirme, assemblée générale après assemblée générale, que les petits ruisseaux font les grandes rivières. Réunie samedi 14 mars à Libreville, elle a dressé le bilan d’une année dense, renouvelé son bureau et dévoilé une feuille de route 2026 ambitieuse, portée par des femmes et des hommes qui ont simplement «choisi de s’aimer et de faire chemin ensemble». Un moment de l’AG du 14 mars, avec une prise de parole de la président d’honneur, Victorine Tchicot. © GabonReview Dix ans après avoir germé dans un domicile privé à Libreville, l’association Colibri poursuit sa mue. Samedi 14 mars, à son siège du quartier Louis, dans le premier arrondissement de Libreville, l’organisation apolitique à vocation sociale et environnementale tenait son assemblée générale annuelle, sous la présidence de Casimira Oliveira, entourée de la présidente d’honneur Victorine Tchicot, des membres du bureau et des adhérents actifs. Instantanés de l’Assemblée générale. © GabonReview L’ordre du jour était dense : bilan moral et financier de l’année 2025, feuille de route pour 2026 et présentation d’une nouvelle configuration du bureau, avec l’intronisation de Steeve Akono Effa au poste de secrétaire général, en succession de Stéphane Iguendza, désormais maire du premier arrondissement de Libreville. En propos liminaire, la présidente Casimira Oliveira a dressé un tableau engagé de l’année écoulée : «Notre association a poursuivi avec détermination sa mission : agir, soutenir et accompagner. Ensemble, nous avons posé des actes qui touchent la vie de nombreuses personnes.» Soutien aux établissements scolaires, aide aux personnes vulnérables, actions environnementales, accompagnement de la jeunesse... autant d’initiatives qui jalonnent un bilan substantiel. Figure de proue de ce bilan, le Colibri Stadium, infrastructure sportive inaugurée dans le premier arrondissement, que le secrétaire général sortant a présenté comme «un espace conçu pour des rencontres de loisirs et de cohésion sociale pour les jeunes», traduisant «la volonté de favoriser l’inclusion sociale et l’épanouissement de la jeunesse». Pour 2026, les ambitions sont à la mesure de l’élan. Amélioration de l’accès à l’eau dans des établissements ciblés, programme éducatif Mini-Colibris sur les enjeux environnementaux, reboisement urbain, formations entrepreneuriales pour les jeunes, microcrédits pour les femmes commerçantes : «Cette année s’annonce porteuse pour les nouvelles ambitions de l’association», s’est réjouie la vice-présidente Ayo Igoho. Un bémol, toutefois : sur plus de mille membres, seule une fraction cotise régulièrement, fragilisant le financement de ces projets. C’est la présidente d’honneur Victorine Tchicot qui a offert à la rencontre sa plus belle formule conclusive : «Nous nous sommes connus, sans nous connaître. On n’avait pas de lien de famille, d’amitié. Mais on a choisi de s’aimer et de décider de faire chemin ensemble. Nous sommes un train dans lequel chacun a décidé de monter. L’intérêt pour nous est de ne pas nous quitter, mais d’aller jusqu’à destination» Le symbole, chez Colibri, n’est pas anodin. Il est celui d’un oiseau minuscule qui apporte sa goutte d’eau pour éteindre l’incendie, geste dérisoire en apparence, acte de résistance en réalité. C’est dans cet esprit, et dans une cuisine, que l’aventure prend forme en 2015 : un cercle d’amis, une idée encore floue, mais une conviction partagée. L’association entre dans l’arène publique l’année suivante, lorsque sa présidente d’honneur Victorine Tchicot se porte candidate à l’élection de 2016 sous la bannière Colibri, en indépendante. C’est la pandémie de Covid-19, en 2020, qui révèle véritablement la vocation de l’organisation : au cœur de la crise, Colibri se tourne vers les plus démunis et pose ses premiers actes sociaux concrets. La reconnaissance juridique viendra en 2023, consacrant officiellement une structure qui conjugue, depuis lors, engagement social et conscience environnementale ; fidèle, à chaque étape, à son slogan fondateur : Faire ma part pour le Gabon.