Climat : l’OMM alerte sur une accumulation record de chaleur en 2025 et un déséquilibre planétaire critique
2026-03-23 - 16:12
La planète n’a jamais accumulé autant de chaleur qu’en 2025. Dans son dernier rapport publié ce lundi 23 mars 2026, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) tire la sonnette d’alarme : tous les indicateurs climatiques sont au rouge, confirmant une accélération inquiétante du dérèglement climatique et ses conséquences durables pour l’humanité. Le changement climatique contribue aux conditions de sécheresse dans le monde entier. © WMO/Fouad Abdeladim Le climat mondial a franchi un seuil critique. Dans un rapport publié lundi 23 mars 2026, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) affirme que la quantité de chaleur accumulée sur la planète a atteint un niveau record en 2025, traduisant une aggravation rapide du déséquilibre climatique. «Le climat mondial est en état d’urgence. La Terre est poussée au-delà de ses limites. Tous les indicateurs climatiques clés sont dans le rouge», a alerté le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, à l’occasion de la publication du document. Cette alerte s’appuie sur une série d’indicateurs convergents : températures océaniques inédites, fonte accélérée des glaces et élévation continue du niveau des mers. L’OMM souligne que ces phénomènes ne sont pas isolés, mais s’inscrivent dans une tendance globale désormais bien établie. Une décennie de chaleur sans précédent Le rapport confirme l’ancrage du réchauffement dans la durée. «Entre 2015 et 2025, nous avons connu les 11 années les plus chaudes jamais enregistrées», a indiqué Ko Barrett, Secrétaire exécutive adjointe de l’OMM. L’année 2025 illustre cette trajectoire, avec une température moyenne supérieure d’environ 1,43 °C par rapport à la période de référence 1850-1900. Dans le même temps, la chaleur océanique a atteint un record, accentuant les dérèglements climatiques. Conséquence directe : le niveau moyen des mers continue de s’élever à un rythme accéléré. Depuis le début des mesures satellitaires en 1993, il a augmenté d’environ 11 centimètres, sous l’effet combiné du réchauffement des océans et de la fonte des glaces. Les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique enregistrent des pertes de masse significatives, tandis que la banquise arctique figure parmi les plus réduites jamais observées. Un déséquilibre énergétique alarmant Pour la première fois, l’OMM intègre dans son analyse le déséquilibre énergétique de la Terre, révélateur de l’intensité du réchauffement. Cet indicateur atteint aujourd’hui son niveau le plus élevé en 65 ans. «Le fait que l’énergie entrante soit supérieure à l’énergie sortante signifie que l’énergie s’accumule dans le système terrestre», a expliqué John Kennedy, responsable scientifique de l’OMM. Ce surplus énergétique se concentre majoritairement dans les océans, qui absorbent une part considérable de la chaleur excédentaire. Au cours des deux dernières décennies, ils ont collecté chaque année l’équivalent d’environ 18 fois la consommation énergétique mondiale. Des conséquences humaines majeures Au-delà des données physiques, les implications humaines sont considérables. Plus de trois milliards de personnes dépendent directement des ressources marines et côtières, tandis qu’environ 11 % de la population mondiale vit dans des zones côtières de faible altitude, particulièrement vulnérables à la montée des eaux. Dans ce contexte, l’OMM appelle à renforcer les dispositifs d’alerte et de prévision. «Les conclusions du rapport incitent à redoubler d’efforts pour mettre les prévisions et les alertes précoces [...] entre les mains de ceux qui peuvent protéger les vies et les moyens de subsistance», a souligné Ko Barrett. Les concentrations de gaz à effet de serre — dioxyde de carbone, méthane et oxyde nitreux — continuent d’augmenter, aggravant encore le déséquilibre climatique. Face à cette accumulation de signaux critiques, le constat est sans ambiguïté : le réchauffement climatique s’accélère et place l’humanité devant une urgence d’action immédiate.