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Cemac : scandale budgétaire, opacité, impayés, menace sur l’intégration régionale et risques sur le franc CFA

2026-02-17 - 16:05

La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) est secouée par un scandale, révélé par des dérives budgétaires graves, une gestion opaque et des retards de paiements qui paralysent employés et projets régionaux. Cette crise sans précédent a culminé avec l’ordre donné récemment par le président de la Commission, Balthazar Engonga, de suspendre provisoirement toutes les activités de cette organisation sous-régionale, faute de liquidités. «Le scandale appelle une refonte urgente de la gouvernance de la Cemac pour restaurer la confiance et éviter un effondrement régional». © D.R. Faute d’argent, la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), institution phare de l’intégration dans la sous-région, est à l’arrêt. À cet effet, ses activités ont été suspendues sur ordre de son président, l’équato-guinéen, Balthazar Engonga. Toute chose ayant mis en lumière le scandale dans lequel est engluée cette organisation censée mettre sur orbite l’intégration en Afrique centrale. Risques de dégradation des notations souveraines, d’érosion des réserves régionales et de tensions sur le franc CFA Ces dysfonctionnements systémiques, alimentés par une «répartition inique» des ressources et «un faste indécent de certains dirigeants», exposent les faiblesses structurelles d’une institution censée promouvoir l’intégration économique. Dans ce contexte, les observateurs indiquent que cette trajectoire chaotique, dominée par les négligences de certains pays membres, met en péril les programmes du Fonds monétaire international (FMI) au Tchad et en Centrafrique, avec des risques de dégradation des notations souveraines, d’érosion des réserves régionales et de tensions sur le franc CFA. Un fonctionnaire tchadien cité dans les médias alerte : «le FMI pourrait revoir ses lignes de crédit face à cette incertitude, aggravant la vulnérabilité des États fragiles». Par ailleurs, l’École interétatique des douanes de la Cemac, délocalisée de Bangui à Malabo pour des raisons de sécurité, a omis de verser les cotisations retraite à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), laissant des employés aux 30 ans de service sans pension et les orphelins sans allocations. Un scandale qui s’étend à d’autres institutions et trahit une négligence sociale criante. Suspension provisoire des activités, faute de liquidités Le fiasco du rapatriement de la Commission à Bangui en 2023, financé à hauteur de 800 millions francs CFA, illustre ces dérives. Des sources indiquent que des primes de 8 à 10 millions francs CFA par agent ont été encaissées sans transfert effectif du personnel. Des cadres sont restés à Malabo, tandis qu’on relève que le responsable du Top management de la Commission accumule plus de 500 jours de missions, à un million FCFA par jour, saignant les caisses sans contrôle interne. Dès lors, les observateurs soulignent que cette opacité justifie pleinement la suspension provisoire des activités ordonnée par le président lui-même, faute de liquidités. Dans ce sillage, on note que la crise de trésorerie est structurelle. La taxe communautaire d’intégration (TCI), pivot financier de la Cemac, n’est reversée que par le Gabon, reflétant les déficits abyssaux des États membres. Cela génère deux mois d’impayés pour les fonctionnaires, gèle réunions et missions malgré une tournée infructueuse du vice-président. Au cœur de ce scandale, le Gabon a anticipé un déficit public record de 3 213 milliards francs CFA pour 2026, pulvérisant les seuils communautaires, avec une dette culminant à 7 179 milliards francs CFA en mars 2025 – un niveau «insoutenable» qui alarme la BEAC et fragilise la stabilité régionale face aux chocs pétroliers et géopolitiques. Quoi qu’il en soit, cette mesure radicale de suspension provisoire, ordonnée par Balthazar Engonga, faute de liquidités, menace les avancées en infrastructures, libre circulation et intégration économique, bien que les dossiers stratégiques comme la souveraineté monétaire soient épargnés. Le scandale, justifié par ces négligences cumulées, appelle une refonte urgente de la gouvernance de la Cemac pour restaurer la confiance et éviter un effondrement régional.

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