CAPAL : Poisson frais et bon prix, route impraticable en toutes saisons
2026-03-03 - 13:36
La route menant au Centre d’appui à la pêche artisanale de Libreville (Capal), quartier Lalala sur le Bord de mer, dans le 5ème arrondissement de Libreville, est dans un état de dégradation avancée. Entre nids-de-poule, flaques d’eau et poussière en saison sèche, les usagers dénoncent une situation paradoxale pour une infrastructure qui offre du poisson de qualité à bon prix aux consommateurs, participe à la création d’emplois, au dynamisme la filière halieutique et la diversification de l’économie. Au quotidien, commerçants, restaurateurs, automobilistes et clients doivent composer avec une voie devenue impraticable en toutes saisons : poussiéreuse en saison sêches, jonchées de cratères et de boue comme actuellement en saison de pluies où l’accès au site décourage même les plus téméraires. Chaque fois qu’une pluie tombe, les clients se raréfient, au grand damne des tenanciers des restaurants qui proposent sur un espace bien aménagé, bouillons chauds et autres plats locaux. « Ça nous fait de gros manques à gagner vraiment, en temps de pluies, aucun client ne vient et nous sommes obligés de retourner avec les marmites de nourriture pleines. On tourne à perte et on demande à l’Etat de se préoccuper de la route du Capal », plaide Honorine V., la quarantaine. Les véhicules slaloment entre les crevasses, au risque d’endommager suspensions et pneus. Certains automobilistes préfèrent stationner à bonne distance et parcourir le reste du trajet à pied. « Nous, on vient ici manger, se procurer le poisson, on doit soit garer nos voitures si loin du Capal, ou bien aller jusqu’au bout avec tous les risques liés à l’endommagement des mécaniques », s’est indigné un usager rencontré sur place. À ces désagréments, s’ajoute l’image peu reluisante qu’offre l’accès à un Centre pourtant présenté comme vitrine de la modernisation de la filière halieutique. Plusieurs voix appellent à une réhabilitation urgente de la voie afin de préserver la vocation commerciale et sociale du Capal. Fruit de la coopération avec le Japon, le Centre d’appui à la pêche artisanale de Libreville (Capal), inauguré en 2011, rentrait dans le cadre de la politique de diversification économique, visant à réduire la dépendance du Gabon au pétrole. L’infrastructure avait pour ambition de structurer la filière, améliorer les conditions de conservation et de commercialisation du poisson, et créer une économie autour des produits halieutiques. Mais l’état actuel de la route d’accès relance le débat sur la maintenance des infrastructures publiques et la cohérence entre investissements structurants et aménagements connexes. M.-O. Mignonne et Nkili Akieme