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À Brookings, Mark-Alexandre Doumba brise un tabou : le vrai danger de l’IA pour l’Afrique

2026-03-04 - 14:35

Publié par la prestigieuse Brookings Institution, l’un des think tanks les plus influents au monde, un texte du ministre gabonais Mark-Alexandre Doumba prend le contre-pied de la frénésie mondiale autour de l’intelligence artificielle. Sa thèse est simple et dérangeante : pour l’Afrique, le véritable risque n’est pas de rater la révolution de l’IA, mais d’y entrer trop tôt. Un plaidoyer stratégique pour bâtir d’abord les fondations numériques avant de se lancer dans l’automatisation. À Brookings, Marc-Alexandre Doumba défend une idée à contre-courant : dans la course mondiale à l’IA, la véritable force de l’Afrique pourrait être... la patience stratégique. © GabonReview/ Rawat Yapathanasap / Shutterstock Dans un texte publié le 10 février 2026 par la Brookings Institution (l’un des centres de recherche en politiques publiques les plus influents au monde) le ministre gabonais de l’Économie numérique et de l’Innovation, Marc-Alexandre Doumba, livre une réflexion stratégique sur la place de l’Afrique dans la révolution de l’intelligence artificielle. Intitulée «Why Africa should sequence, not rush into AI» (Pourquoi l’Afrique devrait procéder par étapes plutôt que se précipiter dans l’IA), cette contribution s’inscrit dans le rapport prospectif Foresight Africa 2026 (Perspectives pour l’Afrique 2026), consacré aux trajectoires de développement du continent. Fondée en 1916 à Washington, la Brookings Institution est une organisation indépendante produisant analyses et recommandations sur les politiques publiques mondiales. Ses travaux sont régulièrement mobilisés par gouvernements, organisations internationales et universités, ce qui confère à cette tribune une résonance particulière dans le débat global sur l’économie numérique. Un paradoxe africain face à la révolution de l’IA Dès l’entame de son texte, le ministre plante un décor volontairement contrasté : «Dans un petit hôpital communautaire du Gabon, le registre des patients est encore tenu à la main. Les infirmières consultent des registres papier, égarant parfois des dossiers entiers.» Cette scène banale illustre le décalage entre la frénésie mondiale autour de l’intelligence artificielle et les réalités structurelles de nombreuses économies africaines. Pour le ministre-auteur, le danger n’est pas celui que l’on imagine. «Le plus grand risque n’est pas de rater la révolution de l’IA, mais d’y entrer trop tôt», écrit-il. Autrement dit, adopter massivement ces technologies sans disposer des fondations numériques nécessaires pourrait produire l’effet inverse de celui recherché. Les chiffres cités dans

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