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«Africa Sempre» : au 39ᵉ sommet de l’UA, Guterres plaide pour l’eau, la paix et une finance plus juste

2026-02-16 - 11:07

À l’ouverture de la 39e session ordinaire de l’Union africaine à Addis-Abeba, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a réaffirmé que l’Afrique restera la priorité des Nations Unies jusqu’à la fin de son mandat en 2026. Entre sécurité hydrique, réformes du multilatéralisme, paix au Sahel et justice financière, les dirigeants africains ont placé l’eau, la stabilité et l’équité au cœur de leur agenda continental. António Guterres lors de son discours, le 14 février 2026, à Addis-Abeba. © D.R. Le 14 février à Addis-Abeba, à l’ouverture de la 39e session ordinaire de l’Assemblée de l’UA, le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), António Guterres, a salué l’Union africaine comme un «bastion du multilatéralisme» dans un monde traversé par les divisions. À un an de la fin de son second mandat (2022–2026), il a promis que l’Afrique resterait la priorité des Nations Unies «jusqu’à la fin» de son mandat – et au-delà – concluant par un vibrant «Africa Sempre». L’eau et l’assainissement au cœur de l’agenda 2026 Les chefs d’État ont centré le Sommet sur le thème 2026 consacré à la disponibilité durable de l’eau et à l’assainissement sûr, considérés à la fois comme moteurs de développement et leviers de stabilité. Le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a décrit l’eau comme «une dotation vitale», «un bien collectif» et «une source de paix». Ce thème fait écho aux préparatifs du Sénégal, qui coorganisera avec les Émirats arabes unis la Conférence des Nations Unies sur l’eau de 2026, prévue du 2 au 4 décembre aux Émirats. Réforme du multilatéralisme : «Nous sommes en 2026, pas en 1946» Insistant sur la coopération ONU–UA en matière de paix, de développement et de droits humains, António Guterres a renouvelé son plaidoyer pour une réforme du Conseil de sécurité des Nations unies. «L’absence de sièges permanents pour l’Afrique est indéfendable», a-t-il martelé, appelant à une représentation plus juste dans la gouvernance mondiale. Il a également soutenu les démarches africaines en faveur d’une justice réparatrice face aux héritages de l’esclavage et du colonialisme. Paix et sécurité : urgence au Sahel et dans les foyers de crise Le chef de l’ONU a exhorté à une action coordonnée face aux crises persistantes au Soudan, au Soudan du Sud, en République démocratique du Congo, en Libye et en Somalie. Concernant l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, il a plaidé pour des efforts conjoints afin de briser les cycles de violence, de terrorisme et de déplacements forcés, tout en appelant à un financement prévisible des opérations de paix menées par l’UA. Dette, climat et justice financière António Guterres a dénoncé un déficit annuel de 4 000 milliards de dollars pour financer les Objectifs de développement durable, soulignant que l’Afrique perd davantage en service de la dette et en flux financiers illicites qu’elle ne reçoit en aide. Il a appelé à tripler la capacité de prêt des banques multilatérales de développement et à réformer l’architecture financière internationale pour garantir une participation réelle des pays africains aux décisions. Sur le climat, il a rappelé que les pays du G20 concentrent près de 80 % des émissions mondiales, alors que l’Afrique, qui détient 60 % du potentiel solaire mondial, ne capte qu’une part marginale des investissements dans les énergies propres. Passation de pouvoir à la tête de l’UA La cérémonie a aussi acté la transmission de la présidence tournante de l’UA du président angolais João Lourenço au président burundais Évariste Ndayishimiye, qui assume la fonction pour 2026. En clôture, António Guterres a rejeté toute idée d’adieu : «Ce n’est pas un au revoir.» Avant d’affirmer, en portugais : «Africa Sempre».

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