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Accord en vue avec le FMI : le Gabon met en avant ses réformes et la confiance retrouvée des marchés

2026-03-16 - 16:25

À la suite d’une mission du Fonds monétaire international (FMI) à Libreville, le gouvernement gabonais justifie sa démarche visant à conclure un nouveau programme avec l’institution de Bretton Woods. Dans un communiqué, ce lundi 16 mars 2026, le ministère de l’Économie souligne les réformes engagées pour assainir les finances publiques et restaurer la confiance des investisseurs. Au terme d’une mission d’évaluation de dix jours à Libreville, le Gabon a officiellement sollicité un programme auprès du FMI. © D.R. Le gouvernement gabonais met en avant les réformes économiques et budgétaires engagées pour expliquer sa volonté de conclure un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI). Dans un communiqué publié après une mission de l’institution à Libreville, le ministère de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations chargé de la lutte contre la vie chère souligne les avancées réalisées en matière de gestion des finances publiques et de restauration de la crédibilité budgétaire. Selon le document officiel, une délégation du FMI a effectué une mission dans la capitale gabonaise du 25 février au 6 mars 2026, dans le but d’évaluer la situation macroéconomique du pays et d’examiner les perspectives à court et moyen terme. Cette mission devait notamment servir de base à la conclusion d’un programme financier avec l’institution. Dans ce contexte, Libreville affirme que «la mission du FMI a salué les efforts remarquables déployés par les autorités en matière de réformes visant à renforcer la gestion des finances publiques, à restaurer la crédibilité budgétaire et la bonne gouvernance». Le communiqué insiste également sur la transformation économique engagée par le pays, notamment à travers le Programme national de croissance et de développement (PNCD) pour la période 2026-2030, présenté comme un levier pour accélérer les investissements et diversifier l’économie. Un signal positif pour les marchés Le gouvernement met aussi en avant la réaction favorable des marchés financiers à l’issue de la mission. Selon le ministère, «l’écart de rendement (spread) des titres émis par la République gabonaise est passé de 854 à 771 points de base», une évolution interprétée comme un signe de confiance des investisseurs dans la trajectoire économique du pays. Le communiqué souligne également la reprise de l’investissement étranger, évoquant plus de 2,5 milliards de dollars d’investissements directs étrangers depuis septembre 2023. Sur le marché financier régional de la CEMAC, les autorités affirment que la signature du Gabon «demeure crédible et continue de mobiliser les investisseurs institutionnels». Des efforts d’assainissement budgétaire Le ministère rappelle que plusieurs mesures ont été prises pour restaurer la discipline budgétaire et réduire les arriérés de paiement. Ainsi, «depuis septembre 2023, près de 4.200 milliards de FCFA ont été réglés au titre du service de la dette publique, dont 2.680 milliards de FCFA au titre de la dette intérieure», contribuant, selon le gouvernement, à «restaurer la confiance des investisseurs et des opérateurs économiques». Parallèlement, des mesures sociales ont été engagées, notamment la régularisation progressive des rappels de salaires des agents publics et la revalorisation des pensions. Le communiqué précise que plus de 67 milliards de FCFA ont été décaissés entre septembre 2023 et décembre 2025 pour les pensions, au bénéfice de 26.052 retraités. Des réformes structurelles annoncées Au-delà de l’assainissement budgétaire, l’exécutif affirme poursuivre des réformes structurelles visant à renforcer la croissance et à améliorer l’environnement des affaires. Le communiqué indique ainsi que le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a engagé «un programme de réformes structurelles visant à diversifier les sources de croissance économique, à améliorer le climat des affaires et à moderniser la gestion des finances publiques». Le gouvernement insiste toutefois sur la durée du processus de transformation économique. «La transformation requiert du temps, de la constance et des réformes profondes», souligne le ministère, évoquant la mise en œuvre du projet de société porté par le chef de l’État. Les autorités annoncent la poursuite des discussions avec le FMI lors des réunions de printemps prévues en avril 2026 à Washington. Ces échanges techniques devraient permettre, selon le communiqué, de franchir «une autre étape décisive vers la conclusion d’un programme avec l’institution de Bretton Woods».

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