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10 choses à savoir sur Perenco Oil & Gas Gabon

2026-03-17 - 15:42

Producteur indépendant non coté en bourse, spécialisé dans la reprise de gisements en fin de vie délaissés par les majors, Perenco Oil & Gas Gabon cultive une discrétion inversement proportionnelle à son poids réel dans l’économie nationale. Derrière la façade d’une junior pétrolière se dissimule en réalité un acteur systémique, autrement plus vaste et ambitieux qu’on ne le soupçonnait. GabonReview en livre ici les dix points essentiels, et reviendra plus en détail sur les plus structurants d’entre eux. Le siège administratif de Perenco à Port-Gentil, vitrine d’une junior pétrolière, pourtant ‘major’ dans l’économie gabonaise. © GabonReview Perenco Oil & Gas Gabon (POGG) n’est pas une compagnie pétrolière comme les autres. Producteur indépendant non coté en bourse, le groupe s’est taillé une niche dans le paysage mondial des hydrocarbures : la reprise de gisements en fin de vie, jugés trop peu rentables par les majors. Là où TotalEnergies ou Shell voient du passif, Perenco voit du potentiel. Sa philosophie d’extraction optimisée de champs matures, combinée à une focalisation croissante sur le gaz et l’électricité, lui confère un modèle industriel singulier, contre-cyclique, et d’une efficacité redoutable. On serait tenté d’imaginer un marchand de friperie pétrolière, dont le siège tiendrait dans quelques containers assemblés en bordure de champ. Une visite à Port-Gentil brise ce faux cliché. Le visiteur se retrouve face à un édifice high-tech, sobre et presque monumental, conjuguant efficacité industrielle et représentation institutionnelle de premier rang, avec une atmosphère corporate d’une rigueur presque chirurgicale. Ce siège ne laisse aucun doute : on est en présence d’une entreprise bien plus grande et bien plus ambitieuse qu’on ne l’imaginait. Anatomie sommaire d’un géant discret Mais, que sait-on vraiment de Perenco Oil & Gas Gabon ? Derrière le sigle POGG, à une lettre près du code IATA de l’aéroport de Port-Gentil (POG), comme si le destin de l’entreprise était géographiquement scellé, se dissimule une réalité industrielle, humaine et environnementale d’une ampleur que peu soupçonnent. GabonReview en livre ici les dix points essentiels, et reviendra plus en détail, dans de prochaines livraisons, sur les plus structurants d’entre eux. 1 – POGG est au Gabon depuis plus de 30 ans. Installée au Gabon depuis 1992, Perenco Oil & Gas Gabon est aujourd’hui la première compagnie pétrolière du pays. Elle produit chaque jour 100 000 barils équivalent pétrole par jour (BOEPD), emploie directement 700 personnes et fait travailler 2 000 autres de façon indirecte. 2 – C’est la seule entreprise à produire du gaz commercial au Gabon. Depuis 2006, POGG est la seule à extraire et vendre du gaz naturel au Gabon. C’est elle qui alimente en gaz les centrales électriques de la SEEG à Libreville, Port-Gentil et Mayumba, ainsi que de grandes entreprises comme la SOGARA et la SOBRAGA. 3 – Plus de 500 millions de dollars investis dans le gaz. Depuis 2006, POGG a construit un gazoduc long de 450 kilomètres, une usine de gaz butane-propane (GPL) à Batanga, et plusieurs installations pour stocker et traiter le gaz. Un effort qui représente plus de 500 millions de dollars (environ 286,5 milliards de francs CFA). Aucune autre entreprise privée au Gabon n’a investi autant dans ce secteur. 4 – Un gigantesque projet d’exportation de gaz liquéfié est en cours. Au Cap Lopez, POGG construit un terminal pour exporter du gaz naturel liquéfié (GNL) vers les marchés mondiaux. Ce chantier colossal représente un investissement de 2 milliards de dollars (soit environ 1 200 milliards de francs CFA), créera plus de 500 emplois à la construction, et permettra au Gabon d’exporter son propre gaz, début 2028. 5 – POGG a construit et offert une centrale électrique à l’État gabonais. En partenariat avec l’État et la Gabon Power Company (GPC), POGG a financé et construit une centrale électrique à Mayumba, alimentée par le gaz de ses champs offshore du sud. Les clés ont été remises officiellement à l’État le 23 janvier 2026. La centrale produit actuellement 9 mégawatts ; une capacité qui pourrait être étendue jusqu’à 50 MW, assez pour alimenter Mayumba et toute la région jusqu’à Tchibanga. 6 – Une école flottante forme les travailleurs africains sur place. Perenco a imaginé quelque chose d’unique : une barge aménagée en centre de formation qui se déplace de pays en pays, en Afrique centrale, pour aller former les employés directement là où ils travaillent. Au Gabon pour sa troisième saison depuis juillet 2025 (après 1 292 puis 1 128 personnes formées lors des deux premières saisons), cette «école sur l’eau» va former 1 200 personnes dans des métiers comme la sécurité, la mécanique, l’électricité et bien entendu la production pétrolière. 7 – Des milliers de mètres cubes de terres polluées nettoyés. Depuis fin 2021, POGG nettoie des terres contaminées par les activités pétrolières : les siennes, mais aussi celles héritées d’anciens opérateurs. Sur 70 000 m3 de terres polluées au départ, 50 000 m3 ont déjà été traités grâce à une technique naturelle utilisant l’injection et le mélange de micro-organismes. Le niveau de pollution a été divisé par plus de neuf, passant bien en dessous des seuils autorisés par les normes internationales. Coût de l’opération : 2,45 milliards de francs CFA. 8 – La première ferme de poissons en lagune du Gabon. Dans le cadre de ses actions sociales, également appelées RSE (Responsabilité sociétale – ou sociale- des entreprises), POGG développe sur la lagune du Fernan Vaz la toute première ferme piscicole en lagune du pays. On y élève des carpes locales, sans produits chimiques ni antibiotiques. L’objectif est de produire 400 tonnes de poisson par an d’ici 2030, de former les habitants de la zone à l’aquaculture et de créer une vraie filière économique locale allant du poisson frais au poisson surgelé. 9 – Des crocodiles orangés et des grottes préhistoriques protégés grâce à POGG. À travers la Fondation Liambissi, POGG finance des expéditions scientifiques dans les grottes d’Abanda et de Nganda, dans l’Ogooué-Maritime, menées par le Dr Richard Oslisly, préhistorien. Ces grottes abritent une curiosité naturelle rarissime : des crocodiles à la peau orangée, ainsi qu’une faune cavernicole (chauves-souris, insectes rarissimes, etc.). Dans la même région, des orchidées sauvages sont étudiées, toujours sous la houlette de Perenco, et des fouilles archéologiques y sont menées pour une meilleure connaissance de l’histoire ancienne du Gabon. 10 – La moitié du pétrole gabonais passe par un terminal que POGG a entièrement rénové. Le Terminal du Cap Lopez, repris par POGG fin 2022, a plus de 70 ans. Il est pourtant incontournable : près de la moitié de tout le pétrole produit au Gabon y transite avant d’être exporté. POGG l’a entièrement modernisé (18 réservoirs rénovés, nouveaux systèmes anti-incendie et anti-corrosion) et prévoit d’en faire également un terminal gazier d’ici 2028, pour les trente prochaines années à venir. Ce petit catalogue ne constitue qu’une porte d’entrée vers un univers bien plus vaste et complexe. Dans les tout prochains jours, GabonReview reviendra sur les plus importantes de ces dix thématiques, pour en proposer une véritable plongée au cœur des enjeux qu’elles recouvrent.

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